la plaquette La CATALANE d’Ernesta ROBERT-MERIGNAC, 1927(?)

ernesta-robert-merignacErnesta ROBERT-MERIGNAC

 

« Ce qui constitue le plus à situer le nom de Mme ROBERT-MERIGNAC parmi nos meilleurs médailleurs nationaux, c’est la série des Coiffes de France, qu’elle a entreprise en 1901 et dont elle enrichit chaque année la collection. Cette série de Coiffes de France se compose actuellement de seize types: l’Alsacienne, l’Angevine, l’Auvergnate, la Boulonnaise, la Bourbonnaise, la Bretonne (de Batz), la Bressane, la Catalane, la Charentaise (de Marans), la Limousine, la Lorraine, la Normande,  l’Olonnaise, la Poitevine, la Saintongeaise et la Vendéenne. Chacune de ces plaquettes se signale par un détail particulier qui mérite d’être signalé : délicatesse avec laquelle est dessinée la délicatesse de la coiffe poitevine, ou celle de la saintongeaise dont le bonnet rappelle les hennins d’autrefois, la vigueur de frappe de la Charentaise ou de l’Auvergnate, dont le chapeau recouvre une coiffe ajustée, le fond paysagiste ébauché derrière le profil mystique de la Bretonne ( tous les autres types étant représentés sur fond uni), l’énergie de l’Alsacienne qui attend, résiste et espère, car cette plaquette a été exécutée en 1913, l’originalité de la Bourbonnaise, la simplicité de la Lorraine, dont le bonnet nous fait songer à celui que portaient nos grand-mères, la fraîcheur juvénile de la Vendéenne, le rayonnement de la Boulonnaise sous son bonnet-soleil, le célèbre barbichet dont la Limousine est coiffée, donnent à chacun de ces types provinciaux une originalité propre.

Mais si nos belles Coiffes de France forment l’avers des plaquettes de cette collection, le revers est adorné de paysages choisis avec à propos. Ici c’est le curieux port de La Rochelle avec son donjon Saint Nicolas et sa tour de la lanterne, qui en fermaient autrefois l’ouverture. Là, un simple calvaire en Vendée, formé d’une croix ornée des attributs de la Passion. Puis un autre calvaire, celui de Boulogne, qui domine l’entrée du port, et devant lequel les marins pieux se signent en sortant pour la pêche. Ailleurs ce sont les tours massives du vieux château des Ducs d’Anjou, derrière lequel s’érigent les deux clochers de la cathédrale saint Maurice; ou les ruines de Châlus en Limousin, qu’accompagne l’écusson de Limoges, où figure le chef de Saint Martial patron de la ville. Le revers de la Bourbonnaise présente une scène de mœurs, on y voit des paysans danser la bourrée qu’accompagne la chevrotante musique d’un joueur de vielle. Au revers de la Catalane, voici le Castillet de Perpignan, avec ses tours crénelées, fondé par le roi de Majorque Jayme 1er et agrandi par Louis XI. Puis voici encore une synthèse de la ville de Metz, constituée par sa cathédrale, la porte et le pont des Allemands. là, une flottille de pêche sillonne la Mer Olonnaise, Une vue du Puy de Dôme sur les premières pentes duquel paissent des bestiaux, décorent la plaquette de l’Auvergnate; et le baptistère de Saint-Jean, qui remonte aux premiers temps de l’ère chrétienne, décore celle de la Poitevine. Sous un soleil rayonnant la citadelle de Belfort, au pied de laquelle se dresse fièrement le lion de Bartholdi, érigé en souvenir des défenseurs de 1870, décore dignement la plaquette de l’Alsacienne, et les arènes des saintes ont été heureusement choisies pour celle de la Saintongeaise.

Non seulement cette collection a été éditée par la Monnaie de Paris, mais la manufacture de Sèvres en a commencé la reproduction, à la fois en biscuit et en carreaux céramiques. Sur ces carreaux, les figures se détachent en blanc sur fond de couleur. Madame ROBERT-MERIGNAC a également exécuté deux de ces coiffes, l’Auvergnate et la Saintongeaise, en grand bas-reliefs de marbre. Ils se trouvent maintenant à l’Hôtel de Ville de Paris. En outre, le musée de saintes a acquis un grand bas-relief de la Charentaise. Il serait à souhaiter que chacun de nos musées provinciaux suivent l’exemple du musée de Saintes. »

Source :  Artistes de mon temps par Emile Langlade, impr. Jouve et Cie (Paris), 1929-1938, p. 132-134.

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