Onuphre Réart Evêque d’Elne ( 1599-1607) , de Vich ( 1608-1612) et de Gérone (1612-1620).

Portrait d'Onuphre Réart, évêque de Perpignan, collection diocésaine.

Portrait d’Onuphre Réart, évêque de Perpignan, collection diocésaine.

Jean-François-Onuphre Réart, fils de Pierre Réart, mercader, et de dame Isabelle, reçut le baptême dans l’église Saint-Jacques de Perpignan, le 5 novembre 1551. Il était chanoine-pénitencier de Barcelone lorsqu’il fut nommé à l’évêché d’Elne, dont il prit possession par procureur, le 4 mai 1599. Un des premiers soins du nouvel élu fut de travailler activement et efficacement à la translation de la résidence de l’évêque et du chapitre d’Elne à Perpignan. Cinq de ses prédécesseurs s’étaient occupés, depuis la tenue du Concile de Trente, de cette question capitale pour les intérêts du diocèse, de l’évêque et des chanoines. Dès le 18 juillet i565, et sous l’épiscopat de Loup de la Gunilla, une enquête avait été faite par le syndic du chapitre d’Elne. Elle établissait entre autres considérants : que la cité d’Elne, sise dans le voisinage de la mer, était exposée aux incursions des Turcs, des brigands et des Français ; que les chanoines ne pouvaient se rendre à Perpignan sinon à cheval ou escortés ; qu’ils ne pouvaient vivre à moins de trente ducats pour la nourriture et cinquante ducats pour le costume et les ornements ; que les villages étaient presque dépeuplés, à l’exception d’une trentaine entourés de remparts. Et de fait, Loup de la Gunilla et ses successeurs fixèrent à Perpignan leur résidence habituelle. Ce prélat mourut à Perpignan et non à Elne, ainsi que ses successeurs immédiats, Pierre-Martyr Coma et Pierre de Sainte-Marie. Il ne fallut rien moins que l’influente intervention du roi d’Espagne, en cette circonstance, pour amener la cour de Rome dans la voie des concessions. On conserve au dépôt des Archives des Pyr.-Or. la copie de la lettre adressée par Philippe 1 1 1 au Souverain-Pontife, dans laquelle le monarque espagnol recommande à Clément VI 11 les chanoines qui vont lui demander la faveur de la translation du siège épiscopal et du chapitre à Perpignan. Puiggari affirme que Philippe III sollicita lui-même cette grâce du Pape. Par une bulle, en date du 27 août 1601, Clément VIII acquiesça aux requêtes multiples du souverain et des parties intéressées. Les affaires traînant en longueur, le roi d’Espagne écrivit encore une lettre au Pape, le 27 février 1602, le pressant de décider le plus tôt possible la translation tant souhaitée. Le 30 juin 1602, au rapport du notaire Pasqual, fut mise en exécution l’ordonnance pontificale. Ce jour-là, l’évêque de Barcelone, Alphonse de Coloma, délégué par le Saint-Siège, sortit d’Elne, vers les sept heures du matin, escorté d’un nombreux clergé et d’une foule compacte. Les reliques vénérées des saintes Eulalie et Julie étaient portées en triomphe de leur antique cathédrale à l’église Saint-Jean de Perpignan. De son côté, Onuphre Réart, suivant une longue théorie de deux cents jeunes filles vêtues de blanc, quittait cette dernière église et allait à la rencontre de l’auguste cortège. A son arrivée, eut lieu l’office pontifical célébré par l’évêque d’Elne. Alphonse de Coloma prononça une remarquable allocution. Le soir, des réjouissances publiques témoignèrent de la joie des perpignanais pour l’événement survenu dans la journée. Les occupations et les soucis créés par cette longue affaire furent loin d’être un obstacle à l’activité administrative et intellectuelle de l’évêque d’Elne. Pendant que son vicaire-général, Onuphre Compter, procédait à la visite des églises du Roussillon, il parcourait lui-même diverses parties de son diocèse, pour se rendre compte de l’état matériel et spirituel des paroisses. A la suite de l’une de ses tournées pastorales, Onuphre Réart, déclara suspens, le 11 septembre 1601, Gaspard Pages, de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, et prieur de l’église de Collioure. Torres-Amat affirme que ce prélat fut l’auteur d’un petit nombre de brochures intitulées : Opuscules historicos qui ont presque toutes disparu.

Dès sa venue en Roussillon, Onuphre Réart avait conçu le projet de fonder un collège de jésuites au sein de la ville de Perpignan. Durant les premiers mois de l’année 1601, il fit prêcher dans la cité une mission par deux religieux de la compagnie de Jésus. Ceux-ci gagnèrent l’estime des perpignanais et, grâce aux collectes ainsi qu’aux libéralités de l’évêque d’Elne, acquirent une maison pour y établir leur résidence. Des obstacles empêchèrent la fondation du collège jusqu’en l’année 1614. Onuphre Réart fut transféré sur le siège de Vich, dès les premiers jours de 1608. Le 8 janvier de cette année-là, il adressa une lettre au chapitre cathédral de sa nouvelle ville épiscopale, pour lui notifier sa nomination officielle à l’évêché de Vich. Les chanoines lui dépêchèrent deux des leurs en ambassade à Perpignan. En réponse à ce témoignage de déférence, Onuphre Réart écrivit, le 23 janvier 1608, une seconde lettre aux membres du chapitre de Vich pour les remercier. Il leur annonçait en même temps qu’il se rendait au concile de Tarragone. Le 16 avril suivant, Onuphre Compter, son vicaire général et André Réart, son frère, présentèrent aux chanoines les bulles de nomination du nouvel évêque. Celui-ci arriva dans son diocèse, le dimanche 20 avril. Sans retard, l’évêque de Vich procéda à la visite pastorale des paroisses soumises à sa juridiction. Le 1er mai 1609, Onuphre Réart bénit le terrain sur lequel allait se construire le couvent des capucins, à Vich. Ce prélat eut l’honneur de faire aussi la pose de la première pierre du nouveau monastère. Le 26 octobre de l’année suivante, l’édifice étant achevé, les religieux prirent possession de leur nouvelle maison d’habitation ; au préalable, ils avaient organisé une procession solennelle qui se déroula dans les rues de la ville et que présida Onuphre Réart tenant en mains le Saint-Sacrement.

Abbé Jean Capeille, la revue Catalane, 1910.

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