HOMMAGE AMÉRICAIN AU MARÉCHAL JOFFRE

Sous la présidence d’honneur de M. Gaston Liebert, consul général de France, et la présidence effective de M. John Purroy Mitchel, maire de New-York, un comité s’était constitué dans cette ville pour offrir au maréchal Joffre, en souvenir de son triomphal voyage, un témoi­gnage de la profonde admiration que le glorieux soldat inspire à tous les citoyens du nouveau monde. Une souscription, rapidement couverte, permit de faire ciseler une branche de chêne en or massif, portant les noms du « Joffre Tribute Committee » et dédiée Au héros de la Marne. Cette oeuvre d’art a été conçue et exécutée par un combattant de Verdun, réformé après deux ans de guerre, M. Paul Gillot. Ce rameau, noué d’un ruban sur lequel est gravée la dédicace, est d’or fin à 22 carats et mesure 33 centimètres. Il vient d’être remis au maréchal, dans un luxueux écrin, au cours d’une cérémonie intime organisée à l’occasion du troisième anniversaire de son immortelle victoire.

Une adresse, inscrite sur un parchemin enluminé, accompagnait l’écrin ; elle exprimait les sentiments d’affectueuse gratitude du peuple américain et soulignait le symbolisme de l’offrande. Et c’est dans ces termes heureux que le comité y résumait la pensée directrice qui l’avait guidé : « Le chêne, de tout temps, a symbolisé la puissance et la force ; aussi l’avons-nous choisi pour représenter les vertus de votre personnalité et de votre oeuvre qui durera éternellement. Sur vos épaules a reposé, en ces jours fatidiques de 1914, la responsabilité écra­sante de défendre la civilisation contre le pouvoir jusque-là considéré comme invincible de la tyrannie prus­sienne. Vous avez accepté cette sublime tâche avec une confiance sereine dans l’énergie et dans la résistance, pareilles à celle du chêne, des soldats de France et de la Grande-Bretagne qui s’était levée, elle aussi, pour dé­fendre le même idéal. De même que Charles Martel — comme un marteau — brisa la puissance des Sarrasins, ainsi Joffre — tel le chêne — dont l’affection est enra­cinée profondément au coeur de tous les braves soldats de France, sut résister à la formidable tempête de tous les éléments en furie et, une fois l’ouragan apaisé, on vit ce chêne toujours debout, ce chêne dont le souvenir res­tera gravé dans la mémoire reconnaissante des hommes qui aiment la liberté « jusque dans l’infini des temps » !

Sources L’Illustration 1917.

Gaston Ernest Liébert est né à Paris en 1866. En 1893, il entre dans le corps diplomatique et sert à l’étranger dès 1898 : Vice-consul de Pakhoi et Tunghing (Chine), 1899-1901; Peking lors de la révolte des Boxers, 1901-1902; Consul de Hong Kong, 1903-1916; et Consul General à New York en 1916.

 

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