La Vierge de la sacristie de la cathédrale de Perpignan

 

la Vierge de la sacristie, Cathédrale de Perpignan, cliché N.Hautemanière

la Vierge de la sacristie, Cathédrale de Perpignan, cliché N.Hautemanière

Début 2003, la statue a été découverte au fond d’un placard de la grande sacristie de la cathédrale de Perpignan, démontée en deux parties et sans aucun habit. De minutieuses recherches dans les placards des sacristies ont permis de mettre la main sur des lots épars de vêtements qui semblaient tous correspondre à ceux de la Vierge, des robes mais aussi des vêtements de dessous ou des tabliers. Par analogie avec l’église de Baixas, à 15 km au nord de Perpignan, il a semblé évident que la statue était, à l’origine, remisée dans une grande armoire vitrée qui se trouve dans la grande sacristie. Celle-ci a été transformée dans les années 1960 en vitrine pour l’orfèvrerie. La relégation de la Vierge au placard de la grande sacristie daterait donc au moins de cette période, au moment où le Concile Vatican II préconisait un retour à la simplicité et une méfiance envers les images baroques ou excessives. La trop grande vérité d’aspect, renforcée par les yeux en verre, une carnation blanchâtre et surtout l’ajout d’une perruque de cheveux naturels aura alors été jugée non conforme au lieu et aux nouvelles formes de dévotion. La problématique du bon goût est très bien décrite dans les mémoires de l’érudit Anton de Siboune : «Je dois avouer que, malgré les règles de l’esthétique, j’aime ces statues habillées que je vois dans toutes les églises de mon pays. Je sais bien qu’au point de vue du goût j’ai peut être tort… Ces manifestations primitives de l’art ont été les premières à frapper mon imagination d’enfant. Je remarque que mes compatriotes sont comme moi, ils aiment ces Vierges aux costumes étincelants de pierreries ou aux vêtements lugubres, selon les circonstances». Pourtant de nombreuses statues sont entreposées hors Semaine Sainte dans les sacristies, dans une armoire prévue à cet effet. Peu de preuves attestent par contre de leur mise en place le reste de l’année dans les niches des retables de la Sang, au pied du Crucifix. Quelquefois cohabitent deux Vierges, celle des douleurs qui reste exposée dans la chapelle de la sanch et celle de Pâques (dite du Ressuscité) qui est enfermée le reste de l’année

Bijoux : La présence de bijoux est attestée par le fait que les oreilles sont trouées et qu’un anneau lui-même orné d’un orifice permet d’y passer des boucles d’oreilles. De nombreuses statues de Vierges ou de Saintes offrent la possibilité d’accrocher des boucles d’oreilles que la dévotion populaire a fait promettre à ces statues. La bijouterie traditionnelle en serti clos argent et strass est très répandue dans le panel de bijoux votifs des Vierges du Roussillon.

Couronne : le haut de la tête de la statue montre des pas de vis ornés de petits écrous d’argent qui servent à fixer solidement une couronne. Les recherches ont permis de retrouver parmi l’argenterie de la cathédrale une couronne en argent ornée de strass montés selon la méthode roussillonnaise (serti clos dressé sur paillon). Plus récente, les poinçons ont permis de la dater des années 1880/1900 et de l’attribuer avec certitude à l’orfèvre perpignanais Paul Soulié (1848-1906). Elle se présente sous forme d’un diadème fermé où s’enchevêtrent des feuilles de laurier et d’olivier laissant transparaître le monogramme A.M. (Ave Maria). Sur la partie transversale se trouve une demi-auréole découpée de rayons terminés par des étoiles ornées en leur centre d’un strass sur paillon.
Coeur aux sept glaives : découverte dans le tiroir de l’armoire, cette broche de grande taille représente un coeur enflammé transpercé de sept glaives simulant les sept douleurs de la Vierge. C’est une plaque d’argent découpée et martelée de manière à lui donner un aspect convexe. Les glaives sont tous moulés à l’identique et soudés au coeur. Il s’agit de l’attribut principal des Vierges douloureuses qui ornent les retables de la Sanch et dont certaines participent aux processions de la Semaine Sainte.

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Une réponse à La Vierge de la sacristie de la cathédrale de Perpignan

  1. fleur turner dit :

    je suis remplie d’émotion et d ‘amour devant cette Vierge étonnante avec ses bijoux , fruit de l’intelligence et de la foi des hommes

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