Quand la duchesse d’Angoulème visitait Perpignan

En 1823, lors des réjouissances données à Perpignan pour la venue de la duchesse d’Angoulême, sont données les danses catalanes. Des décorations éphémères étaient aussi installées sur les principaux monuments de la ville.

« L’enclos qu’on avait disposé pour l’arrivée de S.A.R. Madame se faisait remarquer par l’élégance de sa forme. Des solives plantées circulairement, à égale distance les unes des autres, au milieu de la Place Royale, circonscrivaient une vaste enceinte, et servaient de soutien à des colonnes de verdures, qui les couvraient. Un entablement de guirlandes s’étendait sur les chapiteaux, et un arc, aussi cde verdure, s’élançant d’une colonne à l’autre, couronnait agréablement cet entourage rustique des fleurs de lys dorées et des doubles couronnes de rameaux et de bouffantes blanc et aurore, les couleurs de Mgr le Duc d’Angoulême. Au milieu de l’un des cotés de l’enclos on avait élevé une estrade d’où S.A.R. devait voir commodément ces danses. Quatre colonnes à chapiteaux dorés soutenaient le baldaquin qui la couvrait et que surmontait la couronne de France. Des draperies blanches disposées avec goût entouraient l’intérieur de cette loge, dont l’aspect était fort gracieux. Deux estrades, plus basses que celle-ci, avaient été construites à gauche et à droite, pour recevoir un certain nombre de dames, désignées pour se trouver aux cotés de la Princesse. Ce fut en sortant du spectacle que Madame se rendit dans l’enclos. Dès qu’elle fut parvenue à sa place, la musique appela les danseurs. Aussitôt une première bande de jeunes gens des plus distingués de la ville, qui s’étaient partagés en deux quadrilles, défila devant S.A.R. pour la saluer avant d’exécuter ce que l’on appelle un baill.» Henry décrit dans une intéressante relation le choix de ces danses exécutées sous forme de représentation et non pas comme un simple bal populaire. «On ne dansa par l’ennuyeux contrepas, les baills seuls furent exécutés par les deux quadrilles de jeunes gens, qui d’avance s’étaient assurés de leurs danseuses, choisies parmi les grisettes les plus jolies, et les plus habiles de ce genre. Peu de temps après que Madame fut sous son dais, et que les danses furent en train, un feu d’artifice fut tiré sur la place royale, en dehors de l’enclos. Pour le bouquet final, on éleva un ballon captif, au dessous duquel était une pièce d’artifice. La corde qui retenait ce ballon, l’ayant fixé au dessus de l’enclos, à une grande hauteur, le soleil d’artifice commença à tourner, et à jeter des gerbes de feu, qui produisirent un très bel effetLa danse catalane qu’on avait préparé pour en donner le divertissement à Son Altesse Royale, l’a surprise autant que elle l’a amusée ; par sa singularité. La foule des spectateurs de toutes les classes, accourus sur ses pas, a pu voir plusieurs fois le sourire sur ses lèvres. »

3 Marie Thérèse Charlotte de France, née le 19 décembre 1778 à Versailles, morte le 19 octobre 1851, nièce de Louis XVIII. Elle était la fille ainée de Louis XVI et de Marie-Antoinette.

4 Henry, D.M.J., « Danses catalanes exécutées en présence de S.A.R. Madame, duchesse d’Angoulême », ed. Tastu, Perpignan, 1825.

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