Les grisettes de province, détentrices du costume traditionnel de leur région?

img_2982Autour de 1840, on a en Languedoc des termes différents pour désigner les grisettes : « Les femmes que les parisiens appellent grisettes sont désignée en Languedoc sous le nom de modistes ou demoiselles. On nomme grisettes les ouvrières qui portent le costume national, et n’ont point de chapeaux (c a d qu’elles ont une coiffe). On dit d’une dame ainsi vêtue: elle est en grisette. »

Si l’on s’en réfère à Louis Mandon (érudit, professeur à la Faculté des Lettres de Montpellier, également membre de l’Académie des Sciences et des Lettres de Montpellier dont il fut le bibliothécaire de 1876 à 1898) la grisette était celle qui était (du temps de sa jeunesse, sous la Restauration), la représentante du costume local. En 1859, il exprime un profond regret face à la disparition de ce type local:

« Quel habitant du Bas-Languedoc n’a entendu parler de la grisette de Montpellier, à la taille svelte, à la physionomie vive, aux yeux noirs, aux cheveux noirs aussi et toujours soigneusement lissés ? Combien, ayant visité autrefois Montpellier, se représentent la fille du peuple avec son petit bonnet, son châle croisé sur la poitrine et le clavier d’argent suspendu à la ceinture ?img_2984

Eh bien ! cette grisette est aujourd’hui presque introuvable. Elle sera prochainement un mythe. Comment la reconnaître dans la jeune fille portant robe de soie, châle long, fleurs et plumes, bijoux de toute espèce ?

 A coup sûr, l’étranger qui, après vingt ans, reviendrait dans Montpellier, se plaindrait de cette métamorphose, ne fût-ce qu’au point de vue du pittoresque, qui s’en va chaque jour et d’une manière irrémédiable par l’envahissement de la mode et de ses caprices.  »

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Sources :

Les Français peints par eux-mêmes, 1840-1842, Curmer, Paris, p.279.

Lamarseillaise.fr, article de Thierry Arcaix, « La fin des grisettes de Montpellier »

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