Montpellier et ses femmes sous la Restauration

«De larges rues, des places pleines de soleil, des boutiques luxueuses, des groupes de marbre, des bassins moussus, des amours bouffis, de vastes escaliers de pierres, des promenades aux lignes versaillesques, donnent à Montpellier l’aspect d’une capitale. Le peuple y professe un goût royal pour la bâtisse, et honore le métier de tailleur de pierre. A Paris même, un tailleur de pierre obtient immédiatement les suffrages de ses collègues, s’il prouve qu’il a fait son apprentissages à Montpellier. C’est une recommandation puissante, une garantie certaine de capacité.

Les femmes jouent un grand rôle à Montpellier. Elles ont pour le commerce une vocation prononcée, tiennent les livres, dirigent les maisons de commerce, suppléent par l’activité et l’économie, à l’indolence et la prodigalité de leurs maris. Si l’industrie ne leur offre en leur ville natale une chance de succès, elles vont débiter ailleurs de l’indienne et du calicot, et il n’est guère de localité qui ne possède quelques unes de ces immigrées dites Montpellières.

On trouve au chef lieu de l’Hérault des gâcheuses, des maçonnes, des porte-faix et décrotteurs en jupon, des facteurs femelles de diligences. Si l’on voulait reconstituer le fabuleux empire des amazones, ou l’utopie émancipatrice des saint-simoniens, Montpellier fournirait un contingent considérable à la nouvelle colonie.

Le travail n’a point fait renoncer les Montpellieraines aux inclinaisons prédominantes de leur sexe. Dames et grisettes sont vêtues avec luxe, étincelantes de joyaux, savantes dans le choix et l’arrangement des étoffes à leur usage. Leur coquetterie paraît avoir une origine bien reculée puisque le roi Charles V, de concert avec les consuls de la ville, fulminait, par lettres patentes du 13 octobre 1367, contre le faste des habitants. Les réprimandes du bon roi n’ont pas été d’une grande efficacité. »

Source : Taxile Delord dans Les Français peints par eux-mêmes, Curmer éditeur, 1842.

Amédée" Urbain Louis Henry Joseph né le 28 octobre 1815 à Perpignan,Compositeur et chef d'orchestre.

Amédée » Urbain Louis Henry Joseph
né le 28 octobre 1815 à Perpignan,Compositeur et chef d’orchestre.

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