
Ce bracelet témoigne d’une haute facture joaillière typique des « bijoux de jour » créés pour la cour. Sa monture mouvementée en or, rehaussée par une alternance chromatique de rubis, d’émeraudes et de diamants, illustre parfaitement l’esthétique romantique de l’époque.
Il fut « donné par S.A.R. Madame la Duchesse d’Orléans ou d’Angoulême à la Baronne de Saint Joseph, née de Belleville lors de sa venue à Perpignan vers 1838 ».
Sous la Monarchie de Juillet, la duchesse d’Orléans, Hélène de Mecklembourg-Schwerin, occupe une place centrale à la Cour. Épouse de Ferdinand-Philippe, fils aîné du roi Louis-Philippe et héritier du trône, elle s’impose comme l’une des figures principale de la famille royale lors des représentations officielles en province.
À la même époque, Adèle Redon de Belleville, baronne de Saint-Joseph, incarne l’élite de la noblesse d’Empire et de la Restauration. Très influente dans le Midi, elle est l’épouse de François Anthoine, baron de Saint-Joseph, haut dignitaire militaire nommé général de la division des Pyrénées-Orientales en 1836.

De 1833 à 1847, le Baron commande la place de Perpignan, faisant de son épouse l’interlocutrice privilégiée pour l’accueil des dignitaires de passage. En septembre 1839, le couple princier entreprend un voyage officiel dans le sud de la France et fait son entrée à Perpignan le 10 septembre. En tant qu’épouse du plus haut gradé de la région, la baronne de Saint-Joseph devient l’hôtesse principale de la Duchesse, l’accueillant au sein de l’Hôtel de la Division. Notre bracelet serait, selon toute vraisemblance, un cadeau de courtoisie officiel remis par la Duchesse pour remercier la Baronne de son hospitalité et de l’organisation des festivités locales. Plus qu’une simple parure, ce présent incarne le lien politique et social étroit entre la Maison d’Orléans et les grandes familles militaires du sud de la France.

Le bijou est documenté dans les Mémoires du général de Castellane.








