L’importance des expositions au XIXe s. justifie en 1878 l’envoi de bijoutiers catalans.

Dans la seconde moitié du XIXe l’influence de la mode parisienne intervient suite aux expositions universelles qui vont internationaliser les goûts en matière de bijouterie, d’autant plus fortement dans les régions lorsque les bijoutiers réussissent à y envoyer des délégués.

C’est enfin le cas pour l’exposition universelle de Paris de 1878, non sans mal. Le bijoutier Barrera sollicite en effet le préfet en vain pour que son ouvrier Alphonse Dès soit du convoi en écrivant: « Ce jeune homme, âgé aujourd’hui de trente ans me fut confié dès l’age de treize ans au moment où il venait de perdre ses parents, pour l’initier dans l’art de la Bijouterie. Par son intelligence, son amour du travail, il est devenu un habile ouvrier : la vue, l’étude des beautés qu’étale l’exposition, developperaient en lui les aptitudes artistiques dont il est doué » .

J. Thoubert, employé chez Charpentier écrit au maire de Perpignan en ces termes :

« La municipalité a l’intention de choisir des ouvriers délégués pour l’exposition universelle de Paris. Perpignan en raison de son importance comme centre et chef-lieu du département est sans contredit au dessus des autres villes de son ordre relativement à la bijouterie. Il occupe déjà une soixantaine d’ouvriers presque tous employés à la fabrication des grenats ou bijoux du pays. Ce genre de travail aujourd’hui est très recherché des étrangers et des gens du pays, aussi se propage-t-il considérablement et peut désormais être classé comme une des principales branches de l’industrie perpignanaise.

Cela tient au progrès sensible de l’ouvrier qui tend par son talent à modifier sans le détruire le type original et simple du bijou catalan et à lui offrir le style gracieux du bijou parisien. Ainsi dans cette exposition où seront réunis les chefs d’œuvres du monde entier, il est hors de doute qu’un ouvrier capable et intelligent pourrait penser de sérieuses leçons et rendre à notre ville de précieux services. »

Le rapport de l’ouvrier Charles basset de retour en 1878 stipule: « Pour l’ensemble j’ai remarqué que la mode actuelle est au bouquets en brillants, feuilles d’églantines, comme porte-bouquets (fleurs artificielles), lézards, serpents incrustés de brillants mais, comme exception, j’ai vu une rose comme nous en remarquons chez nous.« 

Charles Basset, André Calvet et Clément Thoubert sont envoyés en train à l’Exposition Universelle de 1878 grâce aux fonds de la loterie nationale avec d’autres délégués de corps de métiers comme l’horloger Mathieu Abadie. Le rapport de Charles Basset montre ainsi l’impact des productions prestigieuses des grandes maisons de la capitale ainsi que les tendances de la mode à cette époque, déjà bien connues à Perpignan.

broche en Grenat de Perpignan

broche en Grenat de Perpignan

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