L’usage des médailles religieuses

La cathédrale de Perpignan était le siège de l’association de l’Immaculée Conception, dont le manuel indique la remise d’une médaille particulière lors de la cérémonie de réception :

Mr. le Directeur ou l’une de ses aspirantes prononce l’Acte de Consécration après lequel le célébrant procède à la réception des nouvelles associées et leur remet une médaille indulgenciée et le règlement…/…Donnant la médaille, il dit « Recevez cette médaille, qu’elle soit pour vous la marque de votre dévotion à la plus tendre des mères ; soyez fidèle à lui adresser souvent de ferventes prières pour vous et pour l’Association… »

Dans un registre encore plus engagé nous trouvons ce cantique imprimé à Perpignan chez Charles Latrobe :

« Les croisés de la Médaille Miraculeuse ». Sur l’air de « Salut ô Vierge Immaculée », est écrit :

 Portons sur nous la médaille bénie ;

Sous son égide on est toujours vainqueur.

La médaille miraculeuse, est une source de bonheur, dans cette époque périlleuse, ah !

Tenons la sur notre cœur.

La médaille miraculeuse, est une force, un bouclier, elle rend l’âme valeureuse, et du chrétien fait un guerrier.

 Et de terminer sur un  couplet sans ambiguïté sur le message politique de ce chant en pleine période revancharde :

  Ô Vierge, ô Mère d’espérance, entends les vœux de tes enfants, au Pape, à l’Eglise, à la France,

donne des soldats triomphants !

Sans date, il est probable que ce chant ait précédé de quelques années la Grande Guerre. Il fait référence à la médaille miraculeuse de la rue du Bac à Paris.

Nous avons là un exemple extrêmement parlant de la force que les fidèles peuvent donner à ces minuscules objets, souvent fabriqués en fer blanc ou en laiton, mais habités de pouvoirs.

Ces différentes médailles étaient fabriquées par les orfèvres perpignanais sous l’Ancien Régime. Au XIXe siècle elles sont commandées à des médailliers parisiens spécialisés dans ce type d’articles. Alfred Conin, installé boulevard Sébastopol s’engage le 14 novembre 1865 à fabriquer les médailles commandées par l’abbé Guitard, directeur général de l’archiconfrérie de la Cour de Marie de l’église saint Jacques de Perpignan. Les médailles seront en cuivre blanc, jaune, bronze rosette et florentin et argent. Le médaillier s’engage à porter sur les médailles des coins aux initiales de l’abbé et à ne fabriquer ces médailles à aucune autre personne sous peine d’une amende de un franc pour chacune d’entre elles.


Manuel de l’Association de l’Immaculée Conception, cathédrale de Perpignan, Perpignan, 1897, p.24.

ADPO, 137J89, papier timbré avec impression des deux faces de la médaille. Avers : MM/couronne d’étoiles/ Archiconfrérie de la cour de Marie/propriété réservée /JG. Revers : je suis la reine de tous les saints/et la mère du bel amour/Vierge couronnée en manteau.

Une étude sur les confréries du même type à Marseille sur la toile.

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