Le Grenat de l’architecte Jean Nouvel: symbole de l’importance du bijou en Catalogne Nord

Jean Nouvel-le Grenat de Perpignan, photo l'Indépendant

Jean Nouvel-le Grenat de Perpignan, photo l'Indépendant

L’Atelier Jean Nouvel a été choisi pour donner un théâtre d’envergure européenne à Perpignan, ancienne capitale des rois de Majorque. Construite en bordure de Têt comme véritable lien entre le Sud et le Nord de la ville, cette passerelle culturelle s’imposera très vite comme l’un des monuments les plus emblématiques du Roussillon. Perpignan en pleine mutation se dynamise et l’essor d’une ville ne peut se vivre sans la culture qui « relie les savoirs et qui les féconde » (Ed Morin).

Telle est la vocation du théâtre « le Grenat », une pierre qui se fait écrin pour tous les artistes du monde méditerranéen !

Le théâtre de l’Archipel « Le Grenat » accueillera en son sein un Centre Dramatique National qui inscrira Perpignan dans le club très privé des grandes villes françaises de la création théâtrale. Affichant clairement une vocation euro-régionale, le futur théâtre ouvrira donc ses portes aux auteurs de la péninsule ibérique, de la botte italienne, et plus loin encore de l’autre côté de la Méditerranée. Un haut lieu cosmopolite des cultures méditerranéennes !

« L’Etat a été très favorable au projet notamment au vu de tout ce qui a été réalisé à Perpignan depuis une dizaine d’années. Notre caractère transfrontalier tourné vers la Méditerranée nous confère à la fois une forte identité culturelle et affirme une grande ouverture vers l’extérieur. Le bilinguisme inscrit dans nos racines nous propulse également vers d’autres langues et d’autres modes de création », déclare Danièle Pagès, adjointe à la mairie de Perpignan.

« Le Grenat » est surtout une grande salle modulable de 654 à 1152 en passant par 892 places assises avec ou sans fosse d’orchestre, trois configurations possibles permettant une grande souplesse et une grande rationalité dans son utilisation. Le théâtre comprendra également une petite salle plus intimiste traitée en métal d’aspect rouillé de 400 places. Entre les bâtiments, les fragrances et les couleurs de la nature méditerranéenne viendront donc s’acoquiner et s’entrechoquer avec les cultures et les créations des Sud. La grande salle façonnée telle un grenat et la cage de scène configurent l’élément majeur de la composition, placé dans l’axe de l’Espace Méditerranée autour duquel gravitent les autres éléments du projet. En forme de coque de couleur grenat, la grande salle très attractive est symboliquement protégée par le volume imposant de la cage de scène (30 mètres de haut) qui rappelle les donjons du palais des Rois de Majorque. Un espace public avec vue panoramique sur la ville sera implanté sur ce bâtiment. Il permettra de venir converser en toute convivialité après le spectacle. Les quatre autres volumes achèvent la composition de façon plus aléatoire. Un projet éclaté doté d’une forte symbolique urbaine et culturelle. C’est le traitement paysager qui crée le liant urbain. Son point fort : une pergola treille de grimpantes vivaces et volubiles plantée de pins parasols accueillant le hall. L’intérieur se confond avec l’extérieur. La ville est dans le théâtre. Un mot sur les matériaux, un véritable florilège. La coque en béton coulé de la grande salle sera recouverte de résine de couleur grenat.

 Le grenat : la pierre d’ici

Le grenat est la pierre prestigieuse des Catalans; sacrée même! La fabrication des bijoux en grenat, la pierre constitue une infime partie du travail. En effet, le bijoutier-joaillier prépare la monture en or en lui donnant une forme particulière appelée « Chaton » à fond bombé, puis il fixe le grenat par sertissure. Jean Nouvel s’appuie donc sur cette tradition et la transcende. Il retisse le fil de notre histoire commune et le projette dans l’avenir. Une architecture de sens !

Le grenat justement fera référence à la culture locale. Attachez vous une importance particulière à cet ancrage dans le territoire ?

J.Nouvel : « J’aime travailler sur ce qui correspond à des icônes liées à une culture enracinée mais réinterprétée, adaptée, prolongée. Cela donne une vraie densité, une épaisseur aux projets architecturaux. Ma tour de Barcelone interprète ainsi par exemple le thème du pinacle cher à Gaudi, un thème né avec les montagnes de Montserrat. Je me situe dans un climat, dans une continuité historique. J’aime accentuer une identité. J’ai d’ailleurs pris position cet été au travers d’un manifeste contre une architecture parasitée, contre une forme de mondialisation de l’architecture. Je tiens à restituer à partir de la sensibilité, l’esprit du lieu comme un ancrage au temps qui passe ».

 Perpignan magazine n°59-

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