Discours de M. Charpentier lors du banquet de la Santo Estello de Perpignan en 1910.

Joseph Charpentier, membre du bureau du comité de bienfaisance de la Ville de Perpignan était aussi orfèvre-bijoutier.

 

Mesdames, Messieurs,  

Je dois à l’empêchement de notre président, M. Eugène Fabre, retenu loin de votre banquet par d’absorbantes occupations, le plaisir de représenter parmi vous le Comité des Fêtes de Bienfaisance de la ville de Perpignan.

Apres vous avoir exprimé tous les regrets de notre président, laissez-moi vous dire combien ce plaisir a été vif pour moi d’avoir vu de près quelle union, quelle force, quel enthousiasme règnent parmi les membres de cette grande famille que vous êtes. Comme tant d’autres, je ne connaissais que bien peu de chose du félibrige et de ses fervents. J’en avais beaucoup entendu parler mais à la légère.

Je sais mieux aujourd’hui quel est le noble idéal dont vous rêvez, quel est le but élevé qui fait l’objet de vos efforts. Et, à l’issue de ce banquet que dominaient les poétiques figures de vos reines et où passait, en quelque sorte, le souffle génial de votre grand Mistral, je demeure ébloui devant tant de richesses littéraires et de conceptions artistiques dont il y a quelques jours, je soupçonnais à peine l’existence.

D’autres vous ont dit ou vous diront avec bien plus d’éloquence que moi-même, quel frisson d’orgueil secoua la population perpignanaise, quand elle apprit que vous aviez choisi notre cité pour y tenir votre annuel Congrès.

Grâce à vous, en effet, notre chère petite patrie s’agrandit de la gloire du félibrige qui rayonne dans le monde entier ; et grâce à vous, dans notre ciel azuré, vous apportez pour l’avenir comme une auréole nouvelle.

Cependant j’ai le plaisir de vous dire plus particulièrement combien le Comité des Fêtes est heureux d’avoir eu l’honneur de vous recevoir. Par votre présence, les réjouissances dont nous avions, depuis longtemps, formé le projet ont acquis un caractère artistique auquel sans vous elles n’auraient jamais pu aspirer. Par votre Congrès, nos fêtes ont cessé d’être locales pour devenir régionales. En cette journée de liesse littéraire, la ville de Perpignan n’est plus seulement la capitale du Roussillon, elle devient la capitale du Midi ; car ce n’est pas le département des Pyrénées-Orientales seul qui se trouve en fêtes, mais le Midi tout entier dont le cœur bat à l’unisson des vôtres.

Mesdames, Messieurs, au nom du Comité des Fêtes de Bienfaisance de Perpignan, je porte la santé des très gracieuses reines du Félibrige, de Mistral dont la grande image a présidé à ces agapes, de votre Capoulié, Monsieur Valère Bernard, de M.Vergés de Ricaudy, de M. Jules Delpont, de M. le Dr Emile Boix, vos plus fervents disciples perpignanais et enfin de tous les félibres.  

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