Costume et bijoux: le Directoire

A l’extrême fin de l’Ancien-Régime, les portraits de Catalanes étudiés montrent soit des femmes portant le costume « traditionnel » composé du caraco tel les femmes du portrait de la famille Maurin, soit le caraco court à la spencer à la mode comme chez la Perpignanaise de Gamelin(Musée des Beaux Arts de Carcassonne). Toutes arborent ostentatoirement une grande coiffe de mousseline avec une passe aux bouts retombant sur les cotés. La mode néo-classique s’impose surtout chez les jeunes sans que cela nuise à la guise traditionnelle composée essentiellement de la coiffe, du fichu et du tablier.

Couple de Roussillonnais, Hsc, Jacques Gamelin, vers 1792, col.part.

Toutefois la mode dite des « Incroyables » touche aussi le Roussillon. Commençant vers les années 1790, se généralisant de 1795 à 1799, à l’apogée du Directoire, ce courant vestimentaire se définit comme un renouveau de la parure féminine mais aussi masculine. On appelle alors ces personnes en vogue les « incroyables » ou pour les réfractaires « les Ridicules ». Perpignan connaît en son temps cette vogue importée directement de la capitale et arborée par l’un de ses principaux représentants, natif de la ville, le jeune inspecteur du conservatoire national des arts et métiers, Jean Baptiste Frion (1773-1819). Nous pouvons apprécier son goût pour la mode à travers le portrait que réalise à Perpignan le peintre Jacques Gamelin (1738-1803) en 1796.  Il porte un habit gris et rose, et dans une pose un peu maniérée. Frion en effet avait non seulement une taille imposante (1,22 cm.) mais aussi avait « ses goûts et ses habitudes en toutes les manières, même jusqu’aux caprices, des femmes… ». En cela, avec une personnalité remarquable (il fut le modèle de grands peintres comme David ou Vien), il fût un émissaire en matière de nouveauté vestimentaire quand il revenait à Perpignan. Cet habit à pan croisé largement ouvert sur la poitrine et découvrant un gilet de couleur claire est porté avec une cravate « écrouellique ». Le pantalon collant est porté avec des bottes tout aussi serrées, un chapeau haut de forme à cocarde d’une main et une canne à pommeau de l’autre. La frivolité se lit à la fois dans la coiffure longue et peu soignée et dans l’abondance de bijoux, boucle d’oreille, épingle à jabot, châtelaine en or pendant à la ceinture.


Le tableau de Jacques Maurin daté de 1794, exposé à Paris en 1874. Il représente la famille du peintre, l’enfant sur les genoux de sa mère étant Antoine Maurin qui fut lithographe. Sont aussi représentés Jacques Gamelin et son fils.  Albert Charles Auguste Racinet, le Costume Historique, livraison 15, 1888.

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Une réponse à Costume et bijoux: le Directoire

  1. Rosa M. Martín i Ros dit :

    Fas una descripció perfecte de « l’incroyable » Jean Baptiste Frion.
    He trobat un article molt interessant.

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