Histoire de pierres en Roussillon

Les bijoux en or ou argent à pierreries  sont le volet le plus important de la bijouterie roussillonnaise. Ces bijoux étaient souvent offerts par la famille pour « enjouyer » la future mariée, ce qui parfois donnait lieu à d’interminables palabres chez le bijoutier. Terme francisé du catalan enjoiar : offrir les bijoux lors du mariage. Souvent la mariée va choisir avec ses parents sa parure de mariage (bague, boucles d’oreilles et collier, éventuellement la croix pour les plus fortunés).

Les jeunes filles portaient aussi des bijoux de moindre valeur, pacotilles et argent à fausses pierres pour les moins aisées, or creux pour les autres. Les pierres utilisées au XIX° siècle sur les bijoux d’or et d’argent appartiennent à toutes la gamme de la gemmologie : diamants, rubis, améthystes, brillants, quartz mais aussi à une gamme de matériaux moins nobles comme le jais ou encore la verroteries de couleur.

 Les pierres fines les plus employées sont le grenat puis la citrine ou topaze ainsi que les doublets. Toutes ces pierres comme les verroteries étaient taillées d’une manière ancienne dite taille « Perpignan », variante de la taille « en rose » et marque d’une véritable spécificité. Leur fond plat permet l’inclusion d’un paillon de couleur, argenté ou bien rouge pour le grenat et la citrine et donnant plus de reflets à la pierre. Les citrines deviennent alors de chatoyants Brésils, qu’en Roussillon on qualifiait d’Oli i Vinagre. Les bijoux en grenat de la fin du XVIIIe siècle semblent toutefois admettre une disposition inverse : la table sur le dessus et les facettes en dessous. 

Le paillon étant sujet à l’oxydation, notamment lors d’un lavage humide, les catalogues imprimés au début du XXe siècle prescrivent de ne jamais savonner les bijoux en grenats, mais plutôt de les nettoyer à sec avec du blanc d’Espagne. Le grenat prend peu à peu tout le long du XIXe siècle la primauté sur les bijoux en autres pierreries, jusqu’à devenir à la fin du XIXe siècle la seule et unique pierre dont le bijou doit être fait pour être vraiment qualifié de catalan.


Doublet: Pierres assemblées par collage ou fusion, le plus souvent une fine couche de grenat sur une pierre en verre. La couleur de la pierre donne sa couleur à l’ensemble. Hubert Lagache, Initiation à la gemmologie, 1979.

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