Le bijou traditionnel en Auvergne

Le Saint Esprit est le principal et le plus connu des bijoux anciens d’Auvergne.

Au départ élitiste, cette petite pièce d’orfèvrerie s’est démocratisée au cours du 19e s. quand la bourgeoisie a pu s’enrichir convenablement. De plus, certains bijoutiers remplaceront les pierres précieuses par des pierres locales moins couteuses.
Les bijoux de cette époque deviennent plus imposants que les Saint Esprits de la noblesse du XVIIIe s.

La plupart des familles auvergnates possède ce type bijou le plus souvent par transmission familiale et héritage. De plus il représente un fort caractère sentimental, un symbole d’appartenance à un terroir.

Jean Claude Roc, dans la revue Cantal Patrimoine, N°14, Juillet 2008 a réalisé une étude sur ce bijou. Il définie ainsi sa particularité. « En Auvergne, ce bijou se présente sous la forme d’une croix constituée de chatons ovales et piriformes soudés entre eux directement ou par l’intermédiaire d’une petite entretoise. Les chatons de la branche horizontale sont dotés de petites ailes symbolisant dans la religion catholique la colombe du Saint Esprit, ailes déployées fonçant vers la terre. Le chaton inférieur, de par sa forme, représente la tête de la colombe…Le Saint Esprit s’achève par trois pendeloques en forme de poire ou de gourde de pèlerin symbolisant les larmes du Christ.. ».

On trouve déjà le Saint-Esprit à la fin du 17e siècle en Auvergne, il se fait omniprésent à partir du 1er Empire et sous la Restauration. Il était très en vogue notamment dans le Cantal et la Haute-Loire. Des styles propres aux orfèvres permettent de différencier les bijoux réalisés au Puy, de ceux fabriqués à Brioude, Saint-Flour, Murat, Aurillac ou Clermont-Ferrand

 Voici quelques caractéristiques des Saint Esprit selon leur lieu de fabrication, indépendamment des éventuels poinçons.

Saint-Esprit du Puy-en-Velay : la colombe est stylisée, le bijou comprend des grenats véritables ou des imitations. Il est surmonté de 4 chatons en chute qui eux-mêmes sont prolongés par une petite rose (motif en roue).

Saint-Esprit d’Aurillac : comprend un chaton au centre ou une couronne. Des pierres garnissent le corps de la colombe. La pièce est revêtue d’un émail blanc ponctué de points le plus souvent vert et jaune. D’autres signes sont parfois reconnaissables. Trois pierres au départ de l’attache, plusieurs chatons mobiles surmontent la colombe. La pièce est terminée par trois pendeloques en forme de poire avec des pierres de la même espèce que le corps général du bijou.

Saint Esprit de Brioude : il comporte en chute deux ou trois chatons d’or placés au dessus de la colombe, elle-même formée de gros chatons. Les branches de la croix sont relevées latéralement et portent des rudiments d’ailes. Les pendeloques en gourde sont généralement striées.

Saint Esprit de Clermont-Ferrand : au centre figure une couronne de chatons. Des grelots en forme de gourde sont pendus à l’extrémité et symbolisent les ailes et la tête de la colombe. Le bijou comprend souvent des pierres d’un bleu clair.

 – Saint Esprit fabriqués à Perpignan : Il y a eu à Perpignan des bijoutiers qui sous traitaient pour des revendeurs d’Aurillac

Source : Orfèvrerie en Haute-Auvergne, art sacré-art profane.

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