Modes françaises à Perpignan en 1737

Robe de mariée en 3 partie English (Spitalfields), 1742, musée de Boston.

Robe de mariée en 3 partie English (Spitalfields), 1742, musée de Boston.

La mode française rejaillit sur l’ensemble de la population, des personnes les plus en vues jusqu’aux classes les plus populaires, par le jeu du réemploi. La circulation des vêtements et des modèles devient de plus en plus évidente dans le sens Paris Perpignan, en raison du succès européen de la mode française.

Avec les commandes attestées auprès de fournisseurs parisiens, ainsi que la circulation des gravures, les nouveautés de la capitale sont portées quasiment au même moment à Perpignan. Certaines robes ou pièces de vêtements sont ainsi commandées à Paris ou encore à Lyon, la capitale de la soie. Elles sont ensuite adaptées et mises à taille sur place ou encore copiées par les tailleurs catalans.

Un cas attesté est celui de la commande de robes, prise par un coursier parisien pour le manufacturier perpignanais en étoffes et bas de soie Jean Maris (1695-1753). A l’occasion de son second mariage, ce personnage important a le dessein de faire venir de Paris des robes en soie et leurs garnitures.

Le coursier indique : « Je lui avais représenté en réponse que les marchands de Paris font venir leurs étoffes de Lyon, je lui conseillais d’y faire l’emplette des commissions qu’il me donnait et qui coûteraient moins, par rapport aux profits des marchands et aux frais des doubles voitures.

Il me fit réponses que pour les avoir plus belles et de meilleur goût,  on lui avait conseillé de faire ces achats à Paris, ce qu’il m’écrivit de faire. Je chargeais mes filles de faire ces emplettes suivant le mémoire détaillé qu’il m’avait envoyé et dont il me marquât que madame son épouse qui les avait reçues en était fort contente. »

Nous sommes à Perpignan en 1737, et même si ce personnage a une propension à vouloir briller aux yeux de la ville de Perpignan ainsi que de sa belle famille carcassonnaise de vieille noblesse, nous voyons bien là l’éclat que la mode parisienne pouvait déjà représenter en Roussillon dans la première moitié du XVIIIe siècle, et le prestige des tailleurs parisiens sur les tailleurs provinciaux.

robe volante, vers 1730, lampas fond gros de Tours jaune citron broché soie verte, filé et frisé métalliques argent étincelant à décor stylisé de grenades, corbeille de fleurs et d’un kiosque d’inspiration chinoise inscrits entre les courbes et contre-courbes de feuilles dentelées recourbées.

robe volante, vers 1730, lampas fond gros de Tours jaune citron broché soie verte, filé et frisé métalliques argent étincelant à décor stylisé de grenades, corbeille de fleurs et d’un kiosque d’inspiration chinoise inscrits entre les courbes et contre-courbes de feuilles dentelées recourbées.

Sources: 

Fonquernie, L., « Jean Maris, biographie »,La Fibre Catalane, Perpignan, Trabucaire, 2005, p.39-67.

Lettre découverte dans les archives Ducup de Saint-Paul, conservées dans la série J, aux Archives Départementales des Pyrénées-Orientales.

 

 

 

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