Portrait présumé de Raymond Antoine de Banyuls (1747-1829), marquis de Montferré.

Banyuls de Montferrer

Banyuls de Montferre

 

Raymond-Antoine de Banyuls, 5e marquis de Montferré, né le 19 septembre 1747 au château de Nyer (Roussillon) et mort le 20 avril 1829 à Perpignan (Pyrénées-Orientales), est un aristocrate roussillonnais. Après une carrière militaire au cours de laquelle il atteint le grade de capitaine de cavalerie au Régiment d’Anjou, il est député aux États généraux de 1789 où il siège parmi les conservateurs. Il émigre en 1791 et combat au sein des armées contre-révolutionnaires. Il se retrouve lieutenant dans l’armée de Condé puis passe au service de l’Espagne où il termine lieutenant-colonel avant son retour en France en 1807.

Carrière militaire : Raymond de Banyuls est reçu en 1767 comme cadet gentilhomme au Régiment d’Aquitaine. Il y devient sous-lieutenant le 1er janvier 1768. En 1769, il participe à la campagne de l’île de Corse et notamment à la bataille de Ponte-Novo. Il reçoit une pension de 800 livres le 1er juillet 1769 à l’issue de cette campagne victorieuse. Il devient successivement sous-aide-major le 1er septembre 1773, lieutenant le 1er septembre 1775. Il passe capitaine au Régiment d’Anjou le 28 février 1778. Le 19 mars 1782, il est présenté au Roi.

Carrière de contre-révolutionnaire : Il est élu député de l’Ordre de la Noblesse des comtés de Roussillon, Conflent et Cerdagne aux États généraux de 1789 avec son ami Michel de Coma-Serra. Ils y siègent tous deux à droite, résolument réfractaires aux idées progressistes. Ils protestent contre la réunion des trois ordres par la lettre suivante: « Nous, députés de la noblesse des vigueries du Roussillon, Conflent et Cerdagne, soussignés, croyons qu’il est de notre devoir de dire que d’après la lettre de notre mandat qui nous assujettit à voter par ordre et nous ordonné cependant de rester unis à notre ordre en protestant, déclarons que nous nous priverons de toute voix délibérative en tout ce qui sera contraire à notre mandat jusqu’à ce que nos commettants, à qui nous avons déjà donné connaissance de l’état actuel des choses, auront pris en considération la déclaration du roi. En conséquence, en attendant des instructions ultérieures, nous protestons contre toute délibération qui pourrait être prise dans cette Assemblée et en demandons acte. « Fait à Versailles, dans la Chambre de l’ordre de la noblesse, la mardi, 30 juin 1789. Signé: Coma Serra, Banyuls de Montferré. »

Ils votent contre le vote par tête et contre l’abolition des privilèges avant finalement de se rallier, bien qu’à contre cœur, à l’Assemblée Nationale Constituante. Ils créent tous deux à Perpignan «Les Amis de la paix », association de contre-révolutionnaires, s’opposant par ses idées à l’association révolutionnaire « Les Amis de la Constitution ». En 1790, une émeute impliquant les deux associations éclate à propos de la Constitution civile du clergé. Raymond-Antoine de Banyuls de Montferré et Michel de Coma Serra étant compromis dans les troubles, les « patriotes » viennent les chercher à leur domicile et les conduisent au « département ». Ils sont, par respect pour leur inviolabilité, laissés en liberté et « accompagnés avec calme chez eux par six administrateurs ». Le 21 décembre 1790, Muguet rend compte de cette affaire à la Constituante. Raymond-Antoine de Banyuls de Montferré émigre ensuite en Espagne le 29 juin 1791, puis passe à l’armée de Condé où il sert dans la compagnie du Régiment de Médoc et fait les campagnes de 1792 et 1793 en Allemagne. En tant que fils aîné du marquis de Montferré, il porte à cette époque le titre de comte de Montferré.

Régiment du Médoc : Après l’exécution de Louis XVI le 21 janvier 1793, Manuel Godoy, l’homme fort du gouvernement espagnol, signe avec la Grande-Bretagne son adhésion à la Première Coalition contre la République Française, afin de récupérer la partie de la Catalogne (Roussillon, Conflent et Cerdagne), devenue française depuis le traité des Pyrénées en 1659. Raymond-Antoine de Banyuls de Montferré, aîné d’une famille incontournable dans tout le Roussillon depuis le Moyen Âge et surtout, député du Roussillon, l’apprenant, quitte alors l’armée de Condé en Allemagne afin de rejoindre en Espagne la Légion du comte de Panetier, que son ami Louis-Marie de Panetier, comme lui député de la noblesse aux États Généraux, très opposé aux révolutionnaires et émigré en 1791, a créé en 1793. Malheureusement, Louis-Marie de Panetier décède en janvier 1794; Raymond-Antoine de Montferré intègre néanmoins son unité alors que celle-ci est désormais commandée par le général Santa-Clara lors de ses quartiers d’hiver à Port-Vendres.

Pendant son absence, le 26 février et le 2 mars 1794 est voté par la Convention la Confiscation et la distribution des biens des émigrés. Nyer, Porcynians, les Graüs, Montferrer, Réal, Odeilló, Léca, les forges de Thuès et Fornóls sont découpés en lots et vendus en tant que biens nationaux.

En mai 1794, il défend Port-Vendres avec la Légion Panetier avant d’être évacué par mer avec ses compagnons afin d’éviter qu’ils ne soient fait prisonniers et guillotinés. Avec les rescapés complétés des compagnies du Royal-Provence survivantes du siège de Toulon et du Royal-Roussillon, il est incorporé dans la Légion de la Reine, où il est premier lieutenant avec rang de capitaine par brevet du 27 juin 1794.

Régiment de Bourbon : Il se bat à Zamora le 5 janvier 1796, puis est intégré avec son unité dans le régiment de Bourbon. Il est en garnison à Ciudad Rodrigo en 1797, puis à Majorque en 1798. En 1801, il devient le cinquième marquis de Montferré à la mort de son père.

Il rentre en France en 1807 et réclame la restitution des biens de la Maison de Banyuls de Montferré non vendus. Il rentre en possession des bois de Nyer le 12 mai 1809. Son collègue député Michel de Coma-Serra meurt en 1813, lui léguant la jouissance de l’ancienne maison Serra, sise rue Font-Froide à Perpignan et déclarant en outre avoir en lui la plus complète confiance pour l’exécution de pieuses libéralités. Il est nommé chevalier de l’Ordre de Saint-Louis le 7 mars 1815. Louis XVIII lui confère le grade de lieutenant-colonel le 16 mars 1816. Il est mis à la retraite. Il emploie alors tout son temps en une suite de procédures judiciaires pour tenter de remettre la main sur les fiefs de sa famille confisqués et revendus en tant que biens nationaux. Il obtient la restitution des droits d’usage sur les forêts de Thuès et de Réal le 22 février 1817. Il est contraint de vendre après procès les montagnes de Nyer en 1819.

Il décède à Perpignan le 20 avril 1829, à l’âge de 81 ans, rue Font-Froide, dans la maison de son ami Michel de Coma Serra.

Armes des Banyuls de Montferré

Armes des Banyuls de Montferré

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Une réponse à Portrait présumé de Raymond Antoine de Banyuls (1747-1829), marquis de Montferré.

  1. Thomas F. dit :

    Bonjour,
    Votre article semble semble confondre deux personnages distincts :
    – Don Raymond-Antoine de BANYULS, dit le Chevalier de Montferré, fils de Don Francisco de BANYULS, marquis de Montferré, et de son épouse Magdalena FORCADES, né à Perpignan le 2/6/1736, qui fut élu député de la noblesse du Roussillon aux États généraux de 1789 et mourut célibataire à Perpignan (“place d’Au” ?) le 15/4/1820.
    – son neveu Don Raymond-Nonnat de BANYULS, marquis de Montferré, fils de Don Joseph de BANYULS de FORCADES, marquis de Montferré, et de Jacquette de BELLISSEN de MILLEPETIT, né le 19/9/1747 au château de Nyer, qui émigra en 1791 et rentra en France en 1801, époux 1° de Jeanne de ROS, 2° de Thérèse GAND’OWARD de MAGNY, mort à Perpignan (“rue du Four-Saint-Jean”) le 20/4/1829.
    Tous les deux étaient chevaliers de l’ordre de Saint-Louis, ce qui n’aide pas vraiment dans l’identification du portrait…

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