Le carnaval de Perpignan de 1869-3

Enfants en tenue de carnaval, vers 1870, Perpignan.

Enfants en tenue de carnaval, vers 1870, Perpignan.

Si la promenade de Mailloles n’avait cette année plus rien d’original, cette année, plus rien de pittoresque, les balcons de la ville étaient en revanche, envahis dès une heure par une armée de jolis et frais visages ; de blanches mains préparaient des projectiles moins meurtriers que certaines œillades, et peu de temps après, le combat s’engageait sur toute la ligne pour ne finir qu’à six heures du soir.

Pendant ce temps la joie la plus franche n’a cessé de régner. L’on a à déplorer, en fait d’accidents, que quelques yeux pochés, quelques nez escarbouillés, quelques chapeaux défoncés par certains aimables farceurs, dont le plaisir délicat consiste à lancer à tour de bras et une par une, de grosses dragées qui acquièrent dès lors la force d’un caillou. Ces trouble-fêtes trouvent cela très drôle, nous les signalons à qui de droit afin que ces actions proscrites par le bon goût et par le respect que se doivent entre eux les citoyens, ne dégénère en rixes regrettables.

Le carnaval n’a pas dit son dernier mot. On prépare un bal masqué pour la mi-carême. Cette fête viendra grossir la somme recueillie pour les pauvres dans les bals du Jeudi-Gras des amis de la Parfaite Union et de Saint Jean des Arts.

La quête faite au bal du Jeudi-Gras a produit 578 francs, Celle faite à la Parfaite Union 700 francs, et celle faite à Saint Jean des Arts 323 francs 50 cents. En tout 1601 francs et 50 centimes.

Nous sommes heureux de faire connaître le total de ces quêtes, dont le chiffre va soulager plus d’une misère. Nous rendons grâce pour les pauvres à nos jeunes gens ; ils semblent s’être inspirés des vers de notre immortel poète Victor Hugo :

« Donnez ! Il vient un jour ou la terre nous laisse,

Vos aumônes, là-haut, vous font une richesse,

Donnez ! Afin que l’on dise il eut pitié de nous,

Afin que l’indigent que glacent les tempêtes,

Que le pauvre qui souffre à coté de vos fêtes,

Au seuil de vos palais fixe un œil moins jaloux. »

 

EFalip.

Le journal des P.O., 1869.

Bal masqué à Perpignan en 1869.

Bal masqué à Perpignan en 1869.

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